Culture

« Plus fort que moi », un film bouleversant sur le syndrome de Gilles de la Tourette

Cette comédie dramatique, servie par des acteurs magistraux, évoque l’histoire d’un jeune adolescent subitement atteint du syndrome de Gilles de La Tourette.
Guillemette de Préval
Publié le   à 7h56
2 min
« Plus fort que moi », un film bouleversant sur le syndrome de Gilles de la Tourette
©Graeme Hunter

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John est un jeune adolescent des années 80, un écolier sans histoire. Il est un goal déterminé dans son équipe de foot. Il distribue des journaux pour se faire un peu d’argent. Une vie banale. Un jour, les premiers symptômes du syndrome de Gilles de la Tourette apparaissent. Des tics, des sons incontrôlés, des mouvements brusques, des gros mots… Il insulte le directeur, crache de la nourriture sur ses parents… Personne ne comprend ce qui lui arrive. Lui non plus. Il commence à s’isoler, se fait renvoyer de son établissement scolaire pour insolence… À la maison, son comportement passe aussi pour de l’effronterie car à ce moment-là, aucun diagnostic n’est posé. Son horizon se rétrécit et s’obscurcit.

Heureusement, au début de l’âge adulte, John devient le protégé de la mère d’un de ses amis. Elle est ancienne infirmière en psychiatrie et comprend parfaitement de quoi il souffre. La seule règle qu’elle lui impose, chez elle, «c’est d’arrêter de s’excuser» quand il profère des insultes car elle sait qu’il n’y peut rien. Commence alors la lente rédemption de John.

Ce film est inspiré d’une vraie histoire, celle de l’Écossais John Davidson, que l’on découvre à travers des images d’archive projetées à la fin du film. La réussite de ce long-métrage, au casting incroyable – la performance de l’acteur principal Robert Aramayo, qui campe John, est magistrale – tient beaucoup dans son équilibre. Il ne cesse de jongler entre des scènes de violences difficilement soutenables, de tendresse et beaucoup d’humour.

Le film témoigne aussi de nombreux mécanismes à l’œuvre dans le handicap. L’exclusion sociale extrêmement rapide, la stigmatisation corrélée à la grande méconnaissance de ce trouble par la société, l’importance du cercle proche de la personne concernée… Si l’on ne parlait pas encore de «pair aidance» à l’époque, John en bâtit les prémices. Sa personnalité attachante le conduit à fédérer autour de lui d’autres personnes concernées par Gilles de la Tourette. Ces premiers groupes de pairs et de proches permettent à chacun de se sentir moins seul, de s’entraider dans cette épreuve.

  • Réalisé par Kirk Jones
  • En salles depuis le 1er avril 2026
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