« Mon fauteuil est un lieu d’espérance »
L’année 2025 a été consacrée comme jubilé de l’espérance par le pape François, invitant les catholiques du monde entier à se rendre en pèlerinage à Rome. Malgré sa mort récente, le 21 avril, le jubilé des personnes handicapées se déroule les 28 et 29 avril. Ombres & Lumière, présent sur place, met en avant les témoignages de ces pèlerins d’origines diverses et leurs histoires singulières. Voici celui de Patrick Talom, 46 ans, en fauteuil roulant, théologien du handicap qui vit entre la France et le Cameroun.
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C’était important pour moi de venir au jubilé car je suis membre du peuple de Dieu. Par ce pèlerinage, l’Eglise me propose de vivre un temps fort, une occasion de travailler ma communion à Dieu, ma quête du Ciel. La mort du pape François a été un choc bien sûr. On a dû accueillir cet imprévu. Mais elle a donné tout son sens au thème de l’espérance chrétienne. Après la souffrance du vendredi saint, puis la joie de Pâques, le pape nous a quitté le lundi saint. Comme le Christ aussi est parti, avant la résurrection. Je suis sûr que François veillera sur nous, comme un ange ! Nous allons prier pour lui. Il a tant travaillé sur les fragilités: la Création, les périphéries, les pauvres… Nous espérons du prochain pape qu’il soit humble et serviteur des plus vulnérables.
Mon fauteuil et mon handicap peuvent représenter quelque chose de souffrant, mais, moi, Patrick, j’aspire à être rayonnant de la joie de Dieu.
Je suis devenu handicapé moteur à la suite d’un accident, il y a vingt ans, alors, forcément, ce jubilé dédié au handicap me parle. Je suis aussi théologien du handicap et je donne des cours à l’université catholique de Lille. Je pense que je dois donner l’exemple en venant vivre ce jubilé singulier. Je fais partie du corps du Christ. Son corps, crucifié, peut paraître souffrant, mais il est joyeux. Nous, personnes handicapées, c’est pareil. Mon fauteuil et mon handicap peuvent représenter quelque chose de souffrant, mais, moi, Patrick, j’aspire à être rayonnant de la joie de Dieu. Je considère mon fauteuil comme un lieu de vocation, un lieu d’espérance. Ma joie, c’est de donner la joie, dans chaque rencontre que je fais.
Propos recueillis par Guillemette de Préval – 29 avril 2025
