« Le Cocon », une BD poignante sur la vie de l’artiste trisomique Judith Scott
Trisomique. Sourde. Muette. Les handicaps de Judith Scott lui ont valu une vie de sévices et d’isolement, parquée dans des asiles sans âme et aux pratiques avilissantes. C’est de cette trajectoire tragique dont parle cette bande dessinée. D’une petite fille fragile née dans l’Amérique puritaine des années 50, pointée du doigt par un ramassis de bas du front peu regardant sur la dignité humaine, arrachée sans vergogne à sa sœur jumelle avec qui le lien demeure indéfectible. Cette même sœur qui récupère la tutelle de Judith trente-cinq ans plus tard, et lui permet de s’adonner à l’art.
Pour Judith Scott, la sculpture ne sera pas seulement un moyen de communication, elle sera un sacerdoce – l’artiste qui entoure ses œuvres de fils, comme autant de cocons promis à la vie, deviendra même une figure emblématique de l’art brut. Les auteurs de cette bande dessinée au graphisme limpide ne font l’impasse sur rien, ni sur la cruauté humaine, ni sur la beauté poignante de la relation entre les deux sœurs.

« Le Cocon », une bande dessinée d’Alexandre de Moté et de Natacha Sicaud, aux éditions Glénat
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