« La Nouvelle Femme », un film réussi sur la vie de Maria Montessori

Culture

« La Nouvelle Femme », un film réussi sur la vie de Maria Montessori

Premier long-métrage de la jeune réalisatrice Léa Todorov, "La Nouvelle femme" se déroule dans un institut d’orthophrénie aux débuts des expériences menées par la grande pédagogue Maria Montessori, auprès d’enfants aux handicaps très différents. Le film raconte avec intensité la rencontre de deux mères en conflit avec leur maternité et avec leur statut social.
Ugo Munoz
Publié le   à 13h21
2 min
« La Nouvelle Femme », un film réussi sur la vie de Maria Montessori

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L’écriture délicate de Léa Todorov et l’interprétation très juste de ses deux actrices principales, Leïla Bekhti et Jasmine Trinca, permettent une incarnation ardente du sujet du film: l’émancipation de la femme d’une société conjuguée au masculin. La reconstitution historique est fine et nous transporte de façon naturelle, sans jamais être pesante. Pour son premier long-métrage, la réalisatrice s’attaque à un sujet fort en s’appuyant sur un excellent casting, des décors et costumes convaincants, un duo d’actrices très complices, une écriture et une mise en scène d’une grande précision.

Les nombreuses scènes dévoilant les séances d’éducation dans l’institut pour enfants handicapés, sont d’autant plus authentiques qu’elles ont bénéficié d’un rigoureux travail de recherche de la part de la réalisatrice et scénariste. On y voit se développer des ateliers adaptés aux besoins des enfants, et toujours animés par une grande délicatesse et patience bien connues de ce qui inspirera la méthode Montessori. Pour utiliser un terme à la mode, l’institut romain pourrait être qualifié de progressiste, pour son époque, bien que les autorités éducatives et scientifiques italiennes qualifient encore les patients d’«idiots»ou d’«inadaptés».

Si le handicap tient un rôle de premier plan dans le film, son vrai sujet est le statut social de la femme au début du XXèmesiècle. Maria et Lily partagent le traumatisme de l’abandon de leur maternité à cause de la pression conjugale, et cela réveille en elles le même désir d’émancipation, l’une par la célébrité et la richesse, l’autre par la science et l’éducation.

Si la carrière de Lily lui accorde un confort certain, celle de Maria est plus complexe. Elle n’est pas rémunérée pour son travail, qui est moqué par ses confrères médecins, sceptiques face à ses méthodes peu communes, puis approprié par son collègue et amant lorsque ces méthodes finissent par trouver l’approbation de la communauté scientifique.

La beauté du film réside dans la façon dont elles se réapproprient leur maternité, leur rapport aux enfants et à l’éducation, qu’ils soient handicapés ou non, et se battent pour faire valoir leurs qualités et leur légitimité dans un milieu d’hommes.

«C’est vous qui m’avez permis de rencontrer Tina»,confie Lily à Maria Montessori à la suite d’un atelier durant lequel Tina appelle Lily«Maman»pour la première fois. La pureté de jeu de Rafaelle Sonneville-Caby, qui incarne Tina, finit par voler la vedette aux deux actrices principales.

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