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Vertige éthique

Souhaitons-nous devenir transhumains ou… très humains ? La question va se poser avec insistance dans les temps qui s’ouvrent.

Alors que le rythme de la rentrée s’apprête à couvrir le repos des vacances, on se souviendra de l’été 2019 comme celui d’un certain vertige éthique dans notre pays. Début juillet, ce fut la mort programmée de Vincent Lambert, qui mit un terme de façon tragique à une douloureuse histoire familiale et médicale, devenue affaire d’Etat. Il est difficile de prévoir quelles seront les conséquences de cette décision sur les autres personnes cérébrolésées, mais comment ne pas voir un mauvais signal envoyé à l’égard de ces hommes et de ces femmes, et des proches et soignants qui prennent soin d’eux quotidiennement ?

Quelques semaines plus tard, la présentation en conseil des ministres du projet de loi bioéthique ouvrait la séquence politique d’un débat qui arrive au Parlement ces jours-ci. Là encore, l’extension promise de la procréation artificielle suscite une certaine inquiétude. Malgré les mises en garde de personnalités reconnues (Sylviane Agacinski, Jacques Testart), bien peu de nos concitoyens perçoivent les conséquences à long terme de ces évolutions, en particulier l’accélération d’une logique eugéniste, déjà à l’œuvre, mais qu’aucune barrière ne semble plus à même de contenir.

Dans ce contexte pas très optimiste, il appartient à chacun de prendre conscience que l’avenir de l’humain est entre nos mains. Pas seulement par l’expression de nos convictions mais par l’accueil de la fragilité au quotidien. Que la vie nous ait confié un proche malade ou handicapé, que nous soyons nous-même confrontés à nos limites, ou que nous soyons valides et engagés auprès des autres, nous sommes porteurs d’un appel puissant qui jaillit du fond de notre société. Car « quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (Saint Paul).

Cyril Douillet

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