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IMG : tous concernés

Il est toujours délicat de parler de l’avortement. Il y a derrière ce mot tant de souffrances, de douleurs, de non-dits, de sentiments de culpabilité ou de honte.

Pourtant il est bon parfois de dire les choses clairement, sous peine d’étouffer la vérité. C’est ce qu’ose régulièrement le pape François. Dans une catéchèse récente dont les médias n’ont retenu que quelques propos réducteurs, il invitait ses auditeurs à considérer en particulier l’IMG. « Comment un acte qui supprime une vie innocente et sans défense peut-il être thérapeutique, civil ou simplement humain ? » Dans le même temps, loin de condamner les femmes concernées, il renvoyait chacun à sa responsabilité : « Les parents, dans ces cas dramatiques, ont besoin d’une vraie proximité, d’une vraie solidarité, pour affronter la réalité et dépasser les peurs compréhensibles. Au lieu de cela, ils reçoivent souvent des conseils pressants pour interrompre la grossesse. » Oui, nous sommes tous concernés par la survenue du handicap ou de la maladie dans une famille. L’interruption médicale de grossesse - comme toute IVG d’ailleurs - n’est pas qu’une question individuelle, c’est une question de société : c’est collectivement qu’il faut travailler à l’inclusion, une inclusion qui commence dès le début de la vie. A nous d’accompagner ceux qui pensent le fardeau trop lourd.

Mais est-ce seulement un fardeau ? A la fin de sa catéchèse, François continuait ainsi : « En réalité, un enfant malade est comme tous les nécessiteux de la Terre. Comme une personne âgée qui a besoin d’aide, comme tant de pauvres qui luttent pour aller de l’avant : chacun est en réalité un don de Dieu pour me sortir de l’égocentrisme et me faire grandir dans l’amour. » Chez François, l’acte se joint sans cesse à la parole. C’est pourquoi il est un vrai prophète pour notre temps.

Cyril Douillet

Ombres et Lumière226

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