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© Gaumont Distribution

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Un homme pressé

Une comédie sur fond d’AVC, il fallait oser… Mais le charisme de Fabrice Lucchini emporte ce film positif.

Alain est un grand patron qui vit et travaille à cent à l’heure. Il ne prend le temps ni de voir grandir sa fille, ni de dire « merci » à son entourage… Jusqu’au jour où il est victime d’un AVC. Hospitalisé, il s’en sort avec des séquelles au niveau du langage, de la mémoire et de la fatigabilité, tenu à de longues séances d’orthophonie et à du repos régulier. Pourra-t-il continuer son activité comme avant ?

L’avis d’O&L

Une telle trame, inspirée de l’histoire vraie de Christian Streiff, ancien PDG de PSA victime d’un AVC en 2008, pouvait orienter vers le drame. Mais il s’agit bien d’une comédie, qui repose pour une bonne part sur le talent et le charisme de Fabrice Lucchini, dans un rôle décalé. L’acteur exploite à fond le ressort comique des troubles du langage du personnage, qui mélange les syllabes et confond des mots, source d’innombrables contrepèteries et jeux de mots quasi poétiques, assumés avec un plaisir évident et communicatif. Mais il incarne aussi avec efficacité le cheminement intérieur d’un PDG hautain, transformé par l’expérience de sa propre fragilité, jusqu’à redécouvrir le sens profond de la vie, le simple bonheur d’être. Servi par d’excellents seconds rôles (Leila Beikti notamment), bien rythmé, ce film positif esquisse un questionnement sur la place du handicap dans l’entreprise, et plus généralement sur le modèle de société dominant, qui, s’il aurait mérité d’être plus poussé, a le mérite d’exister.

Cyril Douillet, ombresetlumiere.fr

Un film de Hervé Mimran. Sur les écrans le 7 novembre.

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