Sur le même sujet

La Nuit du handicap aux Herbiers (Vendée)  © C. Quaix / ombres & Lumière

La Nuit du handicap aux Herbiers (Vendée) © C. Quaix / ombres & Lumière

« On n’est pas oubliés »

Le 9 juin dernier, 20 villes de France ont vibré au rythme de la Nuit du handicap, initiée à l’occasion des 50 ans de O&L. Des événements très divers, mais tous habités par la fête, la rencontre, la joie partagée avec les plus fragiles. Reportage aux Herbiers (Vendée)

Les Herbiers, ville vendéenne de 16 000 habitants, a attiré les regards de tout le pays pour avoir atteint la finale de la coupe de France de football. Aujourd’hui les panneaux lumineux et les affiches aux couleurs de la Nuit du handicap ont remplacé les photos des joueurs dans toute la ville. En plein centre, le jardin Coria avec ses arbres aux essences variées, sa belle pelouse et les vestiges d’un château qui le borde, accueille la fête. Dans un coin de la pelouse, Arnaud qui peint avec la bouche installe son chevalet. Céline, jeune maman cheveux mi-longs et piercing dans le nez s’approche ; Arnaud propose de faire son portrait. Un peu hésitante, elle s’assied en face de lui. Acrobate, il arrive à échanger avec elle pendant qu’avec le crayon fixé au bout d’une tige il dessine son visage. Un petit attroupement commence à se former. Des jeunes qui passent par-là sont scotchés. « Ce qu’il fait, je n’y arriverai même pas avec les mains », dit haut et fort Kevin.

17h30, Madame le Maire lance officiellement la Nuit. Celle qui depuis le début a soutenu le projet prend la parole : « Le handicap nous concerne tous, personne ne sait de quoi son avenir sera fait. Nous sommes là pour parler différemment du handicap et faire la fête ensemble ». Et la fête commence avec des danses. Les résidents du foyer des Muguets enchaînent danse folklorique, paso doble, danse country, rock… Tout le monde est invité à les rejoindre. Les générations se mélangent avec joie. Un papa confie : « J’ai grandi avec une maman hémiplégique. Pour moi c’était l’ordinaire, je ne l’ai jamais considérée comme handicapée mais je me souviens avoir souffert du regard des autres. Il était important pour moi de faire un petit bout de route pour venir en famille, afin que mes enfants, même tout petits côtoient le handicap ». L’apéritif dînatoire débute. Emmanuel, Antoine, Marie-Paulette et les autres portent les plateaux et vont à la rencontre des gens. Ils sont environ 300 sur le site à ce moment-là et beaucoup reprennent en chœur La maladie d’amour. Angélique traverse la pelouse en donnant la main à son petit garçon de 4 ans. Ils sont tous deux atteints du syndrome de Little, la démarche est hésitante. « Cela me fait un bien fou de voir que l’on n’est pas oubliés. Le plus dur, c’est le regard des autres sur Matteo et moi. Ce soir, on est comme les autres », témoigne-t-elle émue.

Christel Quaix - ombresetlumiere.fr, 21 juin 2018

Pour aller plus loin

  • « Tous ensemble on est imbattables »

    Le 9 juin dernier, 20 villes de France ont vibré au rythme de la Nuit du handicap, initiée à l’occasion des 50 ans de O&

  • « Ils ont toute leur place »

    Le 9 juin dernier, 20 villes de France ont vibré au rythme de la Nuit du handicap, initiée à l’occasion des 50 ans de O&

  • Nouvelles stars

    Le 9 juin dernier, 20 villes de France ont vibré au rythme de la Nuit du handicap, initiée à l’occasion des 50 ans de O&