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Jean-Baptiste Hibon et Pascal Clerc, de Réseau Humain.

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L'entreprise à visage humain

Le 16 novembre prochain aura lieu à Lyon le congrès Nouvelle Ere, qui entend repenser les relations humaines dans l’entreprise à partir du handicap. Jean-Baptiste Hibon, IMC, chroniqueur à ombresetlumiere.fr, conférencier, est l’initiateur de cet événement dont il nous explique l’ambition.

Quel est l’objectif de ce premier congrès Nouvelle Ere ?

Ce congrès va rassembler près de 500 dirigeants d’entreprises, chargés de mission handicap, responsables RSE (responsabilité sociale des entreprises) de toute la France, afin de débattre et de rédiger ensemble une « Charte des relations humaines en entreprise », à partir du handicap. Ce sera un travail collaboratif. L’idée centrale, c’est qu’au lieu de traiter le handicap à la marge, il faut le mettre au cœur des projets, des lois, et des relations humaines. Tout simplement parce que le handicap, la fragilité, est une situation que chacun a connue ou va connaître un jour… C’est un changement de paradigme : considérer que ce qui est adapté pour les personnes handicapées est bénéfique pour tout le monde.

L’Agefiph, l’organisme qui aide les entreprises à intégrer des personnes handicapées, vient de fêter ses trente ans. N’a-t-on pas fait beaucoup de progrès dans ce domaine ?

Beaucoup de choses formidables sont faites. Mais je constate que, 12 ans après la loi de 2005, le taux de chômage des personnes handicapées est deux fois supérieur à la moyenne nationale, malgré tout ce qui est mis en place en termes de formation et de sensibilisation. Et regardez l’Agefiph : prochainement ils vont connaître un effet de ciseaux, ils n’auront plus les moyens de payer. Il faut trouver d’autres moyens de faire valoir les efforts sur l’embauche de personnes handicapées. Pour faire changer vraiment les choses, il faut faire en sorte que ce ne soit plus perçu comme une contrainte, mais comme une opportunité pour tout le monde.

Vous défendez l’idée que le handicap est facteur d’innovation…

Le handicap est un formidable levier. Chez Siemens, où j’ai donné des formations, ils ont travaillé l’ergonomie des fauteuils pour les personnes handicapées. Mais cela a servi à beaucoup d’autres salariés de l’entreprise… Et ce n’est pas que la technique qui bouge, les relations humaines aussi. Cela rejoint l’intuition de Jean Vanier, de Marie-Hélène Mathieu : la personne handicapée peut être un éveilleur de relations. Dans certaines entreprises qui ont expérimenté l’intégration de personnes handicapées, cela a eu un impact dans les processus de recrutement, les processus RH… Le handicap modifie l’immatériel de l’entreprise : c’est essentiel dans la mutation que nous sommes en train de vivre vers l’entreprise du futur.

Recueilli par Cyril Douillet, ombresetlumiere.fr

Congrès Nouvelle Ere

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