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Pari réussi pour ce premier documentaire d'Anne-Dauphine Julliand sur la vie à hauteur d'enfants. © Nour Films

Pari réussi pour ce premier documentaire d'Anne-Dauphine Julliand sur la vie à hauteur d'enfants. © Nour Films

Et les mistrals gagnants

Après deux livres dans lesquels elle racontait la maladie incurable et la mort de sa petite fille Thaïs, Anne-Dauphine Julliand réalise un documentaire sur cinq enfants malades. Un hymne à l’esprit d’enfance, à voir !

Ils s’appellent Camille, Ambre, Tugdual, Imad, Charles, et ont pour point commun de vivre avec une maladie grave. Dans Et les mistrals gagnants, Anne-Dauphine Julliand se met à leur hauteur et à leur tempo, un rythme qui a la vitesse d’une trottinette dévalant une pente ou la lenteur du goute à goute d’une perfusion. Sans jamais être intrusive, elle filme la force de ces enfants : être capable de vivre le grand écart entre la vie à la maison, à l’école, et celle à l’hôpital, de jouer à fond au Dobble en oubliant le cathéter ou les pansements qui recouvrent les blessures à vif, d’être là au présent avec toute l’énergie de leur âge, le courage de grands guerriers, et la patience de vieux sages. Volontairement, la réalisatrice s’est laissé guider par les enfants eux-mêmes, entrant où ils l’invitaient à entrer. De la même manière, on peut regarder ce documentaire en se laissant entrainer à leur suite.

"La vérité sort de la bouche des enfants", dit un dicton. La vérité dans sa simplicité première… "Rien n’empêche d’être heureux", affirme ainsi Tugdual pourtant soigné à cause d’une tumeur. Non rien n’empêche d’être heureux quand on se sait profondément aimé et que l’on peut aimer. En arrière plan, ce documentaire rend aussi hommage aux parents et aux professionnels qui se battent pour la vie et le bonheur de ces enfants. A sa petite fille de deux ans condamnée, Anne-Dauphine Julliand promettait qu’elle aurait une vie belle où elle ne manquerait jamais d’amour. Ajouter de la vie aux jours. Retrouver un cœur d’enfant, vivre comme Camille, Ambre, Tugdual, Imad, Charles, intensément ici et maintenant. Dans les rires ou dans les larmes… C’est porté par cet élan que l’on ressort de ce premier documentaire très réussi.

Florence Chatel, ombresetlumiere.fr – 30 janvier 2017

De Anne-Dauphine Julliand, sortie en salles le 1er février 2017. Le film est sous-titré pour les personnes sourdes et malentendantes.

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