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Dieu est bien là

Diacre permanent du diocèse d’Ille-et-Vilaine, Jean Michel Audureau est atteint d’une discopathie dégénérative. En mai dernier, en pèlerinage à Lourdes avec Relais Lumière Espérance dont il accompagne un groupe, il a vécu une guérison inattendue.

J’étais atteint d’une discopathie dégénérative, c’est-à-dire que je n’avais plus de disques dans les étages lombaires inférieurs. En 2009, j’ai été opéré d’une arthrodèse pour consolider la colonne vertébrale. Après cette opération, j’avais retrouvé de l’autonomie. En revanche, la douleur était toujours là. Pour la combattre, pendant des années, j’ai pris de la morphine puis des opiacés. En 2012, je suis allé à Lourdes avec Relais Lumière Espérance. Etant très fatigué et douloureux, je ne voulais pas participer à la procession mariale du soir. Des amis ont insisté pour trouver une solution et m’ont proposé de me pousser dans un fauteuil roulant. A ce moment-là, je n’étais pas du tout prêt à m’asseoir dans un tel fauteuil ! J’ai néanmoins accepté. A la fin de la procession, on m’a emmené devant, avec toutes les personnes handicapées. Cela a été un choc pour moi. Je me suis dit : « Je ne suis pas à ma place. » Je pleurais, j’étais vraiment bouleversé par cette situation. Deux ans plus tard, quand le médecin m’a suggéré de prendre un fauteuil pour me déplacer, je pense que je l’ai mieux accepté grâce à cette expérience vécue à Lourdes.

J’avais franchi une étape. Durant les années qui ont suivi, ma vie spirituelle a été de consentir et même d’offrir ma situation au Seigneur. En mai dernier, nouveau pèlerinage. Avec une équipe, j’étais chargé de la partie spirituelle. J’avais proposé une veillée d’adoration eucharistique ouverte à qui voulait à la Cité Saint-Pierre où nous logions. J’ai demandé à un prêtre du diocèse de Meaux, le Père Alain Ratti, qui a lui-même été guéri d’une grave maladie, d’organiser cette prière.

Saint Sacrement

Pendant la soirée, le prêtre est passé dans les rangs avec le Saint Sacrement au milieu des personnes. J’étais dans mon fauteuil roulant, avec pas mal de douleurs ce soir-là car la journée avait été chargée. Je me suis enfoui dans ma prière pour toutes les personnes rencontrées. A la fin, Alain Ratti est remonté à l’autel, il a posé le Saint Sacrement, et tout à coup, l’a ressaisi et est descendu droit sur moi. Ma prière n’était pas très brillante à ce moment-là… « Non Seigneur, pas moi, passe à quelqu’un d’autre »… Dans ma tête, je n’avais qu’une solution : me mettre à genoux. Sauf que ce n’était pas raisonnable du tout : me mettre à genoux était difficile pour moi, me relever seul, impossible. Je n’ai pas réfléchi, je me suis mis à genoux, concentré sur la douleur, attendant qu’elle envahisse mon dos. Et cette douleur n’est pas venue. Après quelques instants, le prêtre est remonté à l’autel… Et je me suis relevé comme une fleur. La soirée terminée, je suis allé lui partager que je n’avais plus de douleurs. Comme il est très charismatique, il a souhaité que je témoigne tout de suite au micro. Moi qui parle d’habitude facilement en public, j’étais très mal à l’aise, je tremblais, je ne me sentais pas bien. J’ai dit : « Puisqu’Alain me le demande, je vous partage que pour l’instant, je n’ai plus de douleurs. » Il a répondu : « Non, pas ‘‘pour l’instant’’, tu es guéri. » Il a fait chanter Gloire à Dieu. Le lendemain de ma guérison, j’ai donné mon fauteuil à la Cité Saint-Pierre en leur disant que je n’en avais plus besoin. Enfin le samedi matin, j’ai souhaité parler devant notre assemblée car des personnes venaient me voir, me posaient des questions. Je trouvais désagréable que l’on se centre sur moi ; il fallait que chacun puisse vivre son pèlerinage. J’ai invité à faire acte de foi ensemble et action de grâce. Tout s’est apaisé.

Prière d’intercession

Depuis ce temps, je n’ai plus aucune douleur lombaire. Je dors beaucoup moins, mais je prie davantage. La prière d’intercession surtout. Quand je me réveille, j’ai souvent en tête telle ou telle personne qui a besoin que l’on prie pour elle et je m’y consacre très paisiblement. Ce n’est pas de l’insomnie, c’est très serein. Je pense que cela va avec la grâce de la guérison. Des personnes de ma paroisse, des personnes de la pastorale de la santé, me renvoient que mon témoignage soutient leur foi et leur redonne de l’espérance. Je trouve ça très fort. Je le vivais comme une expérience personnelle partagée avec un groupe et dans un cadre communautaire. Mais je n’imaginais pas des retombées aussi larges. Cela montre que Dieu est bien là et qu’on peut lui faire confiance. Je rends grâce pour cela. Les radios montrent qu’il n’y a pas d’aggravation de ma situation, l’appareillage est toujours là, les disques ne se sont pas reconstitués. Les gens qui me connaissent voient bien que je n’ai plus de fauteuil roulant, que je marche sans canne. J’ai même refait du vélo. Je prends ça paisiblement. Prochainement, je vais faire une retraite pour relire ces événements.

Jean-Michel Audureau

Tout le dossier "Lourdes, source de consolation" : Ombres et Lumière n°218

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