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La série "Atypical" sonne juste dans sa description d’une personne autiste à un âge charnière, l'adolescence. © Greg Gayne/Netflix

La série "Atypical" sonne juste dans sa description d’une personne autiste à un âge charnière, l'adolescence. © Greg Gayne/Netflix

Atypical

Diffusée sur la plateforme de streaming Netflix, cette nouvelle série américaine met en scène un grand adolescent atteint d’autisme, entre famille, lycée, et désir de relations. Une vraie réussite !

La famille américaine ordinaire : un homme, une femme, un garçon, une fille, un pavillon agréable en banlieue d’une ville moyenne. A ceci près, que Sam, 18 ans, en terminale est atteint d’autisme Asperger. Il est passionné par l’Antarctique et ses animaux, supporte mal le bruit et la nouveauté, a besoin de règles précises, et concentre depuis l’enfance l’attention de ses parents, parfois au détriment de sa sœur Casey. Au sortir de l’adolescence, son désir de relations amoureuses bouscule tout ce petit monde…Tel est le point de départ « casse-gueule » de cette série originale, qui bénéficie de nombreux atouts. A commencer par la familiarité de la réalisatrice Robia Rashid avec ce handicap, qu’elle a côtoyé de près : de fait, Atypical sonne juste dans sa description d’une personne autiste à un âge charnière, loin des caricatures, et sans jamais se départir d’une réelle bienveillance. La voix off permet de comprendre sa façon particulière de raisonner, les entretiens avec la psychologue de saisir les voies de progression. Mais la grande force de la série, au-delà de la narration des rebondissements de l’entreprise amoureuse de Sam, est de s’intéresser en profondeur aux relations familiales : entre une mère protectrice qui a oublié de prendre soin d’elle, un père aimant qui reste blessé par sa difficulté à tisser un lien avec son fils, une sœur complice de Sam mais qui en veut inconsciemment à ses parents, le schéma est classique mais finement amené, et surtout remarquablement interprété ; mention spéciale pour Michael Rapaport, le père, fort et tendre. Et bien sûr à l’acteur principal, le jeune canadien Keir Gilchrist, 24 ans, qui compose un Sam étonnant de vraimsemblance, entre rigidité apparente et spontanéité désarmante. Alors, certes, c’est une série américaine, bien dans l’air du temps, qui s’enlise un peu par moments, mais on ne saurait trop recommander cette tranche de vie, qui émeut, fait rire, et sans crier gare, touche au cœur.

Cyril Douillet, ombresetlumiere.fr - 28 août 2017

Netflix, saison 1, huit épisodes.

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